En bref

Le Girardin industriel est un dispositif de réduction d’impôt sur le revenu codifié à l’article 199 undecies B du Code général des impôts : un contribuable domicilié fiscalement en France finance, via une société de portage, du matériel productif loué à une entreprise exploitante en outre-mer. La réduction d’impôt est accordée au titre de l’année de mise en service de l’investissement ; si elle excède l’impôt dû, le solde est reportable sur les cinq années suivantes. Ce n’est pas un placement avec restitution de capital : le versement est définitivement investi, l’avantage réside uniquement dans la réduction d’impôt, et le dispositif comporte des risques réels — remise en cause fiscale, défaillance de l’exploitant, défaillance du monteur. Le dispositif est applicable aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029.

Qu’est-ce que le Girardin industriel ?

Le Girardin industriel (dit aussi Girardin « productif ») soutient l’investissement productif dans les territoires ultramarins : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises. Concrètement, des contribuables apportent des fonds à une société de portage qui achète du matériel (BTP, agriculture, énergie, transport…) et le loue à une entreprise exploitante locale à des conditions avantageuses.

Il se distingue du Girardin logement social, régi par l’article 199 undecies C du CGI, qui vise le financement de logements sociaux ultramarins.

Point essentiel : le Girardin industriel est un dispositif « one-shot ». L’investisseur ne récupère pas son apport à la sortie ; sa contrepartie est exclusivement fiscale. Il s’adresse donc à des contribuables dont l’impôt sur le revenu est suffisant pour absorber la réduction, après une analyse préalable de leur situation.

Le mécanisme étape par étape

ÉtapeCe qui se passePoint de vigilance
1. Analyse d’éligibilitéÉtude de l’imposition du foyer fiscal : l’apport n’est pas restitué, seul l’impôt économisé rémunère l’opération.Ne convient pas à un impôt faible ou irrégulier.
2. Choix du programmeSélection d’un monteur et d’un programme, vérification de l’agrément lorsque celui-ci est requis.Agrément préalable obligatoire au-delà de 1 M€ par programme (250 000 € pour les investisseurs non exploitants), et dans certains secteurs quel que soit le montant.
3. Souscription et versementSignature du bulletin de souscription et versement des fonds à la société de portage.Le versement seul ne déclenche pas la réduction.
4. Mise en service du matérielLe bien est livré et exploité en outre-mer : c’est le fait générateur de la réduction d’impôt.Un versement en décembre N sur un matériel mis en service en N+1 ouvre droit à la réduction au titre de N+1.
5. DéclarationLa réduction est portée sur la déclaration de revenus de l’année de mise en service (déclarée au printemps suivant).Le solde non imputé est reportable sur l’impôt des 5 années suivantes.
6. Période d’affectationLe bien doit rester affecté à l’exploitation pendant 5 ans, ou la durée normale d’utilisation si elle est inférieure (délai porté à 15 ans pour certains investissements immobiliers et hôteliers).Non-respect = reprise de l’avantage fiscal.
7. SortieÀ l’issue de la période, le bien est en pratique cédé à l’exploitant, généralement via une option d’achat prévue au montage.Usage de marché, à vérifier dans la documentation de chaque programme.

Comment est calculée la réduction d’impôt

La base et le taux

La réduction d’impôt est calculée sur le prix de revient hors taxes de l’investissement, diminué des aides publiques (subventions) et, le cas échéant, de la valeur réelle du bien remplacé. Le taux de base est de 38,25 % de ce montant, avec des majorations selon le territoire et le secteur, conformément à l’article 199 undecies B du CGI et à la doctrine administrative BOI-BIC-RICI-20-10.

La rétrocession obligatoire à l’exploitant

La loi impose que 66 % de l’avantage fiscal soit rétrocédé à l’entreprise exploitante ultramarine, sous forme de loyers réduits et de prix de cession minoré. Ce taux est ramené à 56 % pour les programmes dont le montant par exploitant est inférieur à 300 000 €. C’est cette rétrocession qui justifie économiquement le dispositif : l’investisseur ne conserve qu’une fraction de la réduction, le reste bénéficie à l’économie locale.

Le plafond applicable

Le Girardin industriel relève du plafond spécifique outre-mer de 18 000 € (article 199 undecies D du CGI), distinct du plafonnement global des niches fiscales de 10 000 €. Comme la part rétrocédée à l’exploitant n’est pas retenue dans ce plafond, la réduction maximale atteint environ 40 909 € pour une opération avec rétrocession de 66 % — et non 18 000 € comme on le lit parfois.

Les risques à connaître avant de s’engager

  • Reprise fiscale : si les conditions cessent d’être respectées pendant la période d’affectation (revente anticipée, cessation d’exploitation, irrégularité du montage), l’administration peut reprendre tout ou partie de la réduction d’impôt.
  • Défaillance de l’exploitant : la liquidation de l’entreprise locataire avant la fin de la période d’affectation peut remettre en cause l’avantage fiscal.
  • Perte de l’apport : l’apport est par construction non restitué ; en cas d’échec de l’opération, l’investisseur peut perdre à la fois son versement et la réduction d’impôt.
  • Qualité du monteur : la solidité du monteur, ses garanties (assurances, garantie de bonne fin fiscale le cas échéant) et le respect des seuils d’agrément sont déterminants dans la sélection d’un programme.

Aucun rendement ni résultat ne peut être garanti. La sélection d’un programme et l’adéquation à votre situation fiscale relèvent d’une analyse personnalisée — c’est le cœur de notre accompagnement Girardin industriel et, plus largement, de nos expertises patrimoniales.

Jusqu’à quand le dispositif s’applique-t-il ?

Le dispositif a été prorogé : il s’applique aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029. Les taux, seuils et conditions peuvent toutefois être modifiés par chaque loi de finances : la version en vigueur du texte doit être vérifiée avant toute opération.

FAQ — Girardin industriel 2026

Quand la réduction d’impôt est-elle accordée ?

Au titre de l’année de mise en service de l’investissement, et non de l’année du versement. Elle est déclarée au printemps suivant, et le solde qui excéderait l’impôt dû est reportable sur les cinq années suivantes.

Récupère-t-on le capital investi ?

Non. Le Girardin industriel est un dispositif « one-shot » : l’apport est définitivement investi et la contrepartie de l’investisseur est exclusivement la réduction d’impôt. En cas d’échec de l’opération, l’apport peut être perdu.

Quel est le plafond de la réduction Girardin industriel ?

Le dispositif relève du plafond spécifique outre-mer de 18 000 € (art. 199 undecies D du CGI), hors plafonnement global de 10 000 €. La part rétrocédée à l’exploitant n’étant pas retenue dans ce plafond, la réduction maximale atteint environ 40 909 € avec une rétrocession de 66 %.

Quels sont les principaux risques ?

La reprise de l’avantage fiscal par l’administration si les conditions ne sont pas respectées pendant la période d’affectation (5 ans, ou la durée normale d’utilisation si elle est inférieure, 15 ans pour certains biens immobiliers et hôteliers), la défaillance de l’entreprise exploitante et la perte de l’apport. La qualité du monteur et le respect des règles d’agrément sont déterminants.

Sources réglementaires vérifiées sur les sites officiels, à jour au 25 août 2026. Vérifiez la version en vigueur avant toute démarche.

Cet article est une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé. Master Conseil — CIF E002561 (ANACOFI) · ORIAS 11 061 742.