Un versement sur un PER se déduit de votre revenu imposable, il ne se soustrait pas de votre impôt : l’économie vaut le versement multiplié par votre tranche marginale. Pour les versements de 2026, la déduction est égale à 10 % de vos revenus d’activité 2025 nets de frais professionnels, dans une fourchette de 4 710 € à 37 680 € pour un salarié — jusqu’à 88 911 € pour un travailleur non salarié qui déduit de son bénéfice au titre de l’article 154 bis du CGI —, majorée des plafonds non utilisés des années précédentes.
Déduction du revenu, pas réduction d’impôt : la différence se chiffre
Le versement volontaire relève de l’article 163 quatervicies du code général des impôts : il se déduit du revenu net global, avant calcul de l’impôt. Un versement de 10 000 € fait économiser 3 000 € à une tranche marginale de 30 %, 4 500 € à 45 %, mais 1 100 € à 11 %. En dessous de 30 %, l’intérêt se discute au cas par cas : il dépend de l’écart entre votre tranche d’aujourd’hui et celle que vous aurez à la sortie, du mode de sortie en capital ou en rente, et de votre horizon.
Conséquence peu connue : charge déductible du revenu global et non réduction d’impôt, l’avantage échappe au plafonnement global de l’article 200-0 A du CGI. Le BOFiP exclut du champ « l’avantage en impôt procuré par les charges déductibles du revenu global » (BOI-IR-LIQ-20-20-10-10, § 110, version en vigueur du 27/08/2026). Le PER se cumule donc avec les dispositifs plafonnés.
Calculer son plafond : deux termes, un plancher
Le plafond annuel se calcule sur l’année précédente :
- 10 % des revenus d’activité nets de frais professionnels de l’année N-1, retenus dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) ;
- ou 10 % du PASS si ce montant est plus élevé — le plancher, qui joue même sans revenu professionnel ;
- moins les versements de l’année précédente : cotisations aux régimes obligatoires d’entreprise (« article 83 », PERO), cotisations facultatives des non-salariés déduites du résultat (anciens contrats Madelin fermés aux nouvelles souscriptions, PERIN, PERECO — art. 154 bis du CGI), abondement de l’employeur dans la limite exonérée d’impôt sur le revenu (7 536 €, soit 16 % du PASS), droits de compte épargne-temps ou congés monétisés affectés à un plan (10 jours au plus).
Le PASS 2025 s’établit à 47 100 € (arrêté du 19 décembre 2024). D’où les montants publiés par l’administration fiscale.
| Versements effectués en | Revenus de référence | Plafond maximum | Plancher |
|---|---|---|---|
| 2025 (déclarés en 2026) | 2024 | 37 094 € | 4 637 € |
| 2026 (déclarés en 2027) | 2025 | 37 680 € | 4 710 € |
Source : impots.gouv.fr, Brochure pratique IR 2026, rubrique « Charges à déduire du revenu », consultée le 14/09/2026.
Ces montants sont ceux de l’article 163 quatervicies, celui des versements déduits du revenu global. Le non-salarié qui déduit du bénéfice professionnel relève de l’article 154 bis du CGI : 10 % du bénéfice retenu dans la limite de 8 PASS, plus 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, soit jusqu’à 88 911 € en 2026 (PASS 2026 : 48 060 €, arrêté du 22 décembre 2025).
Corriger un plafond pré-rempli erroné (lignes 6PS, 6PT, 6PU)
Le plafond pré-rempli ne repose que sur les données détenues par l’administration. S’il est erroné — changement de statut, revenus non pris en compte, première déclaration —, recalculez-le et inscrivez-le lignes 6PS, 6PT, 6PU.
Les plafonds non utilisés : trois ans, et cinq ans depuis 2026
La fraction non consommée ne disparaît pas. Deux régimes coexistent : celui applicable avant 2026 et celui issu de la loi de finances pour 2026.
Le régime historique. La fraction non utilisée est reportable sur les 3 années suivantes — c’est ce que retient la brochure pratique IR 2026.
Le régime nouveau. L’article 10 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 a remplacé, au b du 2 du I de l’article 163 quatervicies du CGI, le mot « trois » par le mot « cinq » : la fraction non utilisée « peut être utilisée au cours de l’une des cinq années suivantes ». Cette version est en vigueur depuis le 21 février 2026, et le BOFiP du 10 août 2026 reprend les cinq années.
À vérifier. Le sort des plafonds nés avant 2026 — trois ans ou cinq ? — fait l’objet d’une question écrite au Sénat (n° 08155, publiée le 26 mars 2026), toujours sans réponse ministérielle au 14 septembre 2026 (statut vérifié sur senat.fr à cette date). Tant que l’administration n’a pas tranché, nous raisonnons sur trois ans avant 2026 et cinq ans à compter de 2026.
L’ordre d’imputation ne change pas. Vos versements s’imputent d’abord sur le plafond de l’année du versement, puis sur les plafonds non utilisés, en commençant par les plus anciens — c’est ce qui rend le rattrapage possible.
Mutualiser le plafond avec son conjoint : la case 6QR
Chaque conjoint a son propre plafond et l’utilise pour ses propres versements, sans rien demander. La case 6QR sert quand les versements sont concentrés sur un seul plan : elle permet d’imputer l’excédent d’un conjoint sur le plafond resté libre de l’autre.
Réservée aux couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune, elle additionne les plafonds et les versements des deux : le foyer n’a plus qu’un plafond et un montant déductible. L’option est annuelle.
Où déclarer : les cases à servir
| Case | À quoi elle sert |
|---|---|
| 6NS, 6NT, 6NU | Versements volontaires déductibles sur un PER individuel, un PER d’entreprise collectif ou obligatoire — une ligne par membre du foyer |
| 6PS, 6PT, 6PU | Plafond de déduction rectifié, si le montant pré-rempli est faux |
| 6QR | Mutualisation des plafonds entre conjoints ou partenaires de PACS |
| 6RS, 6RT, 6RU | Anciens plans d’épargne retraite — PERP, PRÉFON, COREM, CRH-CGOS et assimilés, fermés aux nouvelles souscriptions : ils partagent le même plafond que le PER |
Exemple chiffré
Hypothèses : couple marié, tranche marginale à 41 %, revenus d’activité 2025 nets de frais professionnels de 120 000 € (environ 133 000 € brut) et 25 000 € (environ 28 000 € brut), aucun dispositif d’entreprise, aucun report, versements en 2026. Le plafond se calcule sur le revenu après l’abattement de 10 % pour frais professionnels, pas sur le brut.
- Plafond du premier conjoint : 10 % × 120 000 € = 12 000 €
- Plafond du second : 10 % × 25 000 € = 2 500 €, inférieur au plancher, donc retenu à 4 710 €
- Chacun verse sur son propre plan, dans la limite de son plafond : 16 710 € déduits au total, sans rien cocher
L’apport de la case se joue ailleurs : quand les versements sont concentrés sur un seul plan. Versement de 16 710 € sur le seul PER du premier conjoint, dont le plafond propre est de 12 000 € : sans 6QR, 4 710 € ne sont ni déductibles ni reportables, soit 1 931 € d’impôt perdus (4 710 € × 41 %). Avec 6QR cochée, les deux plafonds s’additionnent et la totalité du versement est déduite : 6 851 € d’économie au lieu de 4 920 €.
Les contreparties, à regarder avant de verser
L’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, hors les cas de déblocage anticipé prévus à l’article L. 224-4 du code monétaire et financier : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité, affection grave, handicap ou accident d’une particulière gravité d’un enfant à charge (cas ouvert depuis le 14 juin 2026), surendettement, expiration des droits à l’assurance chômage, cessation d’activité non salariée après liquidation judiciaire, acquisition de la résidence principale. Ce qui est déduit à l’entrée est imposé à la sortie : le capital issu des versements déduits suit le barème de l’impôt sur le revenu, les gains leur propre régime. Aucun rendement n’est garanti ; sur des supports en unités de compte, il existe un risque de perte en capital. Des frais s’appliquent à l’entrée, sur l’encours et sur les arbitrages.
Deux règles fermées. La part d’un versement qui dépasse le plafond n’est pas déductible et ne se reporte pas : seul le plafond inutilisé se reporte. Et depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires ne sont plus déductibles lorsque le titulaire du plan a 70 ans ou plus à la date du versement (art. 9 de la loi de finances pour 2026, BOFiP du 10/08/2026).
Ce que fait Master Conseil
Nous reconstituons votre plafond réel — année courante, reports encore vivants, dispositifs d’entreprise à déduire — avant de parler montant, puis nous calibrons le versement sur votre tranche marginale plutôt que sur un chiffre rond. Le contrat se choisit en architecture ouverte : nous comparons les offres de plusieurs compagnies, et notre rémunération peut inclure des commissions versées par les producteurs, détaillées dans notre document d’entrée en relation. Cabinet de gestion de patrimoine à Aix-en-Provence depuis 2011, plus de 1 000 personnes accompagnées.
Pour le fonctionnement du plan et ses modes de sortie, voir notre page dédiée au PER. Pour hiérarchiser les leviers selon votre tranche, voir défiscalisation 2026 selon votre TMI. Si l’arbitrage se joue face à un contrat d’assurance-vie, voir PER ou assurance-vie : quel choix en 2026.
Questions fréquentes
Puis-je encore utiliser un plafond de 2022 ?
Probablement pas, mais le point n’est pas tranché. Le report était de trois ans pour les plafonds nés jusqu’en 2025 : un plafond de 2022 s’éteint alors après 2025. La loi de finances pour 2026 porte le report à cinq ans et l’administration n’a pas précisé le sort des plafonds antérieurs (question écrite Sénat n° 08155, toujours sans réponse au 14 septembre 2026). Nous retenons l’hypothèse prudente de trois ans.
La mutualisation avec mon conjoint est-elle automatique ?
Non. Elle suppose une demande expresse : la case 6QR cochée sur la déclaration. L’option est annuelle, elle se reconduit à chaque déclaration ou pas. Sans elle, chacun garde son plafond pour ses propres versements.
Le plafond dépend-il de mes revenus de l’année du versement ?
Non, des revenus d’activité de l’année précédente. Un versement de 2026 se mesure aux revenus 2025 : une forte hausse de revenus ne gonfle votre plafond que l’année suivante.
Et si je n’ai aucun revenu professionnel ?
Vous conservez le plafond minimum, égal à 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 4 710 € pour les versements de 2026. L’administration précise que l’absence de revenus d’activité ne prive pas du droit à déduction.
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