Réponse rapide. Un dirigeant de PME actionne six leviers qu’un salarié n’a pas : arbitrage rémunération/dividendes, PER et épargne salariale, holding et trésorerie, Girardin industriel, immobilier en SARL de famille, prévoyance. Aucun ne se décide seul : ils se calculent à deux étages — la société et vous — avec l’expert-comptable. Le choix du conseil, lui, se vérifie sur trois points : numéro CIF et numéro ORIAS, architecture ouverte, mode de rémunération écrit.
Pourquoi vos leviers ne sont pas ceux d’un salarié
Un salarié n’agit que sur son impôt personnel. Vous agissez sur deux étages : le résultat de la société, imposé à l’IS à 25 %, et votre revenu personnel. Le taux réduit de 15 % s’applique à la fraction de bénéfice n’excédant pas 42 500 €, à trois conditions cumulatives : chiffre d’affaires HT sous 10 M€, capital entièrement libéré, et capital détenu à 75 % au moins par des personnes physiques — condition à vérifier avant toute interposition de holding. Déplacer un euro d’un étage à l’autre change son coût total : l’essentiel se joue là, avant tout produit de défiscalisation.
Les six leviers du dirigeant
1. Arbitrer entre rémunération et dividendes
Les dividendes supportent le prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt sur le revenu, plus des prélèvements sociaux portés à 18,6 % en 2026 (CSG à 10,60 %), soit 31,4 %. L’option pour le barème progressif, avec abattement de 40 %, reste ouverte : son caractère irrévocable a été supprimé par la loi de finances pour 2026 (article 200 A, 2 du CGI).
Le point de bascule : pour un travailleur non salarié (TNS) exerçant dans une société à l’IS — gérant majoritaire de SARL — la part des dividendes et intérêts de compte courant excédant 10 % du capital social, primes d’émission et sommes en compte courant comprises, entre dans l’assiette des contributions des travailleurs non salariés (article L. 136-3 du code de la sécurité sociale).
Risque : une rémunération comprimée fait chuter retraite, indemnités journalières et couverture décès.
2. PER et épargne salariale
Les versements sur un plan d’épargne retraite se déduisent du revenu global (article 163 quatervicies du CGI) : 10 % des revenus d’activité, plancher 4 710 €, plafond 37 680 € — ces deux bornes se calculent sur le plafond de la sécurité sociale de l’année précédente. Deux changements issus de la loi de finances pour 2026 : la fraction non utilisée du plafond se reporte désormais sur cinq ans, et les versements volontaires effectués à compter du 70e anniversaire ne sont plus déductibles. Pour un non-salarié, l’article 154 bis ouvre plus large : 10 % du bénéfice retenu dans la limite de huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), plus 15 % de la fraction comprise entre un et huit PASS. Le PASS 2026 ressort à 48 060 €.
Côté entreprise, l’intéressement plafonne aux trois quarts du plafond annuel moyen, soit 36 045 € par bénéficiaire en 2026 — le dirigeant n’y accède que si l’entreprise emploie au moins un salarié en plus de lui et compte moins de 250 salariés. L’abondement de l’employeur est limité à 8 % du PASS, soit 3 844,80 € en 2026, porté à 16 % (7 689,60 €) pour les versements unilatéraux affectés à l’acquisition de titres de l’entreprise ; il ne peut par ailleurs excéder le triple du versement du salarié.
Risque : épargne bloquée jusqu’à la retraite hors cas légaux, sortie imposable, et risque de perte en capital sur les supports en unités de compte, dont la valeur n’est pas garantie. Détail : plan d’épargne retraite.
3. Holding et trésorerie d’entreprise
Une holding à l’IS détenant au moins 5 % du capital de sa filiale depuis deux ans peut opter pour le régime des sociétés mères (articles 145 et 216 du CGI) : les dividendes remontés sont retranchés de son résultat, hors quote-part de frais et charges de 5 % (article 216). La trésorerie remonte avec peu de frottement, et reste mobilisable.
Risque : ce n’est pas une exonération mais un report — la fiscalité personnelle s’applique le jour où l’argent sort. S’y ajoutent le coût de structure et l’exigence de substance. Sujet voisin : transmission du patrimoine professionnel.
4. Girardin industriel
Réduction d’impôt pratiquée en une fois, au titre de l’année de mise en service du matériel productif neuf exploité outre-mer (article 199 undecies B du CGI) : elle s’impute donc sur l’impôt dû sur les revenus de cette année-là, et se matérialise en trésorerie lors de la régularisation de l’impôt l’année suivante.
Le plafonnement global est de 10 000 €, porté à 18 000 € au sens de l’article 200-0 A avec les investissements outre-mer et les SOFICA. La rétrocession est la fraction de l’avantage fiscal reversée à l’exploitant ultramarin : 56 % pour les programmes inférieurs à 300 000 €. Seule la part non rétrocédée, 44 %, s’impute sur le plafond, soit 18 000 € / 0,44 = 40 909 € de réduction — à condition de n’utiliser aucun autre avantage fiscal soumis au plafonnement global et de disposer d’un impôt suffisant ; l’excédent est reportable sur les cinq années suivantes.
Risque : opération à fonds perdus, avantage repris en cas de défaillance du montage ou de l’exploitant. Détail : Girardin industriel.
5. Immobilier logé dans une SARL de famille
L’article 239 bis AA du CGI permet à une SARL exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale ou agricole, formée entre parents en ligne directe, frères et sœurs, conjoints ou partenaires de PACS, d’opter pour le régime des sociétés de personnes, avec l’accord de tous les associés. La location meublée étant commerciale, chaque associé est imposé sur sa quote-part, après amortissement du bien.
Risque : la location nue n’ouvre pas cette option, la perte du caractère familial met fin au régime, et la vacance locative reste à votre charge.
6. Prévoyance du dirigeant
L’article 154 bis du CGI autorise la déduction du bénéfice des cotisations de prévoyance complémentaire, dans la limite de 7 % du PASS augmentés de 3,75 % du bénéfice imposable, sans excéder 3 % de huit PASS — soit 11 534,40 € au plus en 2026.
Risque : cotisations à fonds perdus si le sinistre ne survient pas, prestations imposables lorsqu’elles sont servies.
Comparer les six leviers
| Levier | Effet sur l’impôt | Risque principal |
|---|---|---|
| Rémunération / dividendes | Année en cours | Perte de droits sociaux |
| PER, épargne salariale | Année du versement | Blocage, sortie imposable |
| Holding | Report, pas exonération | Substance, fiscalité différée |
| Girardin industriel | Année de mise en service, une fois | Fonds perdus, reprise |
| SARL de famille | Année en cours, récurrent | Caractère familial, liquidité |
| Prévoyance | Année en cours | Fonds perdus, prestations imposables |
Exemple chiffré
Hypothèses : SARL à l’IS, 7 500 € distribuables, dividendes sous le seuil de 10 %, prélèvement forfaitaire unique, taux 2026.
- Distribution : 7 500 € × 31,4 % = 2 355 € prélevés, 5 145 € encaissés.
- Au-delà du seuil de 10 % : la fraction excédentaire entre dans l’assiette des contributions des travailleurs non salariés, au taux personnel de cotisation.
- Somme laissée en holding : seule la quote-part de frais et charges de 5 %, soit 375 €, est réintégrée au résultat de la holding — soit un IS de 93,75 € à 25 %, ou 56,25 € au taux réduit de 15 %.
Comment un conseil en gestion de patrimoine travaille avec l’expert-comptable
L’expert-comptable tient le résultat, la paie et les déclarations. Le conseil en gestion de patrimoine raisonne sur dix à vingt ans : ce que la société distribue, ce qu’elle garde, ce qui rejoint votre patrimoine privé, comment l’ensemble se transmet.
À qui confier la gestion de son patrimoine quand on dirige une PME
À un conseiller en investissements financiers (CIF) enregistré auprès d’une association agréée par l’Autorité des marchés financiers et immatriculé à l’ORIAS, exerçant en architecture ouverte, et capable de lire un bilan et un statut social autant qu’une allocation d’actifs. Pour un dirigeant, trois exigences s’ajoutent aux critères de choix habituels :
- Lecture de l’entreprise : lire un bilan, un statut social et un pacte d’associés avant de parler placement.
- Articulation des trois blocs : société, patrimoine privé, transmission — traités ensemble, jamais séparément.
- Travail avec l’expert-comptable : un scénario chiffré à quatre mains avant la décision.
Ce que fait Master Conseil
Master Conseil est un cabinet de gestion de patrimoine créé en 2011, installé à Aix-en-Provence (Europarc Pichaury), en architecture ouverte et sans lien capitalistique avec les producteurs. Le cabinet est rémunéré par honoraires et/ou par les commissions versées par les producteurs, détaillées dans le document d’entrée en relation remis avant toute mission. Plus de 1 000 personnes accompagnées, plus de 20 ans d’expertise des dirigeants du cabinet. Pour un chef d’entreprise, nous partons du bilan et du statut social avant de parler produit.
Réserver mon bilan — pour situer ces six leviers dans votre configuration.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux se verser une rémunération ou des dividendes ?
Pas de réponse générale : la rémunération est déductible du résultat et ouvre des droits sociaux ; les dividendes supportent 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique, et basculent dans l’assiette des contributions des travailleurs non salariés au-delà du seuil de 10 %.
Mon expert-comptable ne suffit-il pas ?
Indispensable, mais son périmètre s’arrête à l’exercice comptable et social ; l’articulation société / patrimoine privé / transmission n’en fait pas partie.
Quel levier agit le plus vite sur l’impôt de l’année ?
Le versement sur un PER, déductible du revenu global de l’année, et le Girardin industriel, dont la réduction s’impute sur l’impôt de l’année de mise en service : le premier reporte l’imposition, le second est à fonds perdus.
Ces leviers dépendent-ils de ma tranche marginale d’imposition ?
Oui : une déduction du revenu global vaut le taux de votre tranche, une réduction d’impôt vaut le même montant quelle que soit la tranche. Le tri par tranche est développé dans défiscalisation 2026 selon votre TMI.
Comment vérifier qu’un cabinet est habilité à me conseiller ?
Demandez le numéro CIF et le numéro ORIAS, puis contrôlez-les sur le registre public. Master Conseil est enregistré sous le numéro CIF E002561 auprès de l’ANACOFI-CIF et immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 11 061 742.
Mentions
À lire aussi : Payer moins d’impôt sur le revenu · Retraite profession libérale : 4 leviers · SARL de famille ou SCI en location meublée
Master Conseil — Conseiller en investissements financiers (CIF) enregistré sous le numéro E002561, membre de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’Autorité des marchés financiers. Intermédiaire immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 11 061 742. Stéphane Voss, gérant associé. Informations à caractère pédagogique, non contractuelles. Réclamations : stephane.voss@master-conseil.fr — à défaut de solution sous deux mois, Médiateur de l’AMF, 17 place de la Bourse, 75082 Paris Cedex 02 (www.amf-france.org). Données personnelles traitées conformément à notre politique de confidentialité.
Sources
- Code général des impôts, article 163 quatervicies — Légifrance, version en vigueur au 21/02/2026 (consulté le 14/09/2026).
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-10 § 115 — bofip.impots.gouv.fr, version du 10/08/2026 (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 154 bis — Légifrance, version en vigueur au 11/03/2023 (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 145 — Légifrance (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 216 — Légifrance (consulté le 14/09/2026).
- BOFiP, BOI-IS-BASE-10-10-10-10 — bofip.impots.gouv.fr, version du 26/06/2024 (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 219 I b — Légifrance, version en vigueur au 21/02/2026 (consulté le 14/09/2026).
- BOFiP, BOI-IS-LIQ-20-20 — bofip.impots.gouv.fr (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 200 A — Légifrance, version en vigueur au 21/02/2026 (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 158 — Légifrance (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 239 bis AA — Légifrance (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 199 undecies B — Légifrance, version en vigueur au 01/01/2026 (consulté le 14/09/2026).
- Code général des impôts, article 200-0 A — Légifrance, version en vigueur au 21/02/2026 (consulté le 14/09/2026).
- Code de la sécurité sociale, article L. 136-3 — Légifrance, version en vigueur au 28/02/2025 (consulté le 14/09/2026).
- Arrêté du 22 décembre 2025 portant fixation du plafond de la sécurité sociale pour 2026 — Légifrance (consulté le 14/09/2026).
- Code du travail, article L. 3312-3 — Légifrance (consulté le 14/09/2026).
- Code du travail, article L. 3314-8 — Légifrance (consulté le 14/09/2026).
- Code du travail, article L. 3332-11 — Légifrance, version en vigueur au 01/12/2023 (consulté le 14/09/2026).
- Code du travail, article R. 3332-8 — Légifrance, version en vigueur au 07/07/2024 (consulté le 14/09/2026).
- impots.gouv.fr, « Les revenus mobiliers », mise à jour du 08/04/2026 — impots.gouv.fr (consulté le 14/09/2026).
- impots.gouv.fr, « Épargne retraite », mise à jour du 07/04/2026 — impots.gouv.fr (consulté le 14/09/2026).
