Réponse rapide. Le Girardin industriel est un investissement à fonds perdus : vous financez du matériel productif neuf exploité outre-mer, et vous obtenez l’année suivante une réduction d’impôt sur le revenu prévue par l’article 199 undecies B du CGI. Vous ne percevez ni loyer ni remboursement de votre apport : le seul retour possible est fiscal. En contrepartie, vous portez pendant cinq ans un risque de reprise de cet avantage si l’exploitation ou le montage ne tiennent pas.

⚠️ À lire avant tout le reste. Le Girardin industriel comporte un risque de perte de l’apport et un risque de reprise de la réduction d’impôt par l’administration : requalification du montage, cession ou cessation d’affectation du bien avant cinq ans, défaillance de l’exploitant ultramarin ou du monteur. Aucun gain n’est acquis d’avance. Le détail des risques est développé dans notre page guide pas à pas du Girardin industriel.

Qui fait quoi : les cinq acteurs d’une opération Girardin

Vous n’achetez pas une machine : vous entrez au capital d’une société qui, elle, l’achète et la loue. Cinq acteurs interviennent.

  • Vous, l’investisseur : vous souscrivez des parts d’une société de portage (le plus souvent une SNC ou une SAS) et vous devenez associé. C’est à ce titre que la réduction d’impôt vous revient.
  • La société de portage : elle acquiert le matériel neuf et le donne en location à l’exploitant. Elle est dissoute une fois l’engagement arrivé à son terme.
  • Le monteur : il sélectionne les dossiers, structure l’opération et gère la vie juridique de la société pendant cinq ans. Sa solidité est le premier point de contrôle.
  • L’exploitant ultramarin : l’entreprise qui utilise réellement le matériel dans son activité, dans un département ou une collectivité d’outre-mer. Une part de l’avantage fiscal lui est obligatoirement rétrocédée, sous forme de loyer minoré.
  • La banque : selon les montages, une partie du financement est apportée par emprunt au niveau de la société de portage, et non au vôtre.

La chronologie réelle : six années civiles, pas une

La réduction s’obtient en une fois. L’engagement, lui, court sur cinq ans : c’est la confusion la plus fréquente.

Année N — souscription et mise en service

Vous versez votre apport et la société acquiert le matériel. Le fait générateur est la mise en service du bien : c’est elle qui ouvre le droit à réduction, pas la signature. Un matériel commandé en décembre mais mis en service en janvier bascule sur l’exercice suivant. L’article 199 undecies B s’applique aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029.

Année N+1 — la réduction se déclare

La réduction d’impôt s’impute sur l’impôt sur le revenu dû au titre de l’année N, donc déclaré et payé en N+1. Elle se porte sur la déclaration annexe n° 2042 IOM, consacrée aux investissements outre-mer. Le monteur vous transmet les éléments à reporter.

Années N à N+5 — l’engagement de conservation

Deux engagements courent en parallèle, et ils sont cumulatifs : le bien doit rester affecté à l’activité pendant cinq ans, et vous devez conserver vos parts de la société pendant cinq ans à compter de la réalisation de l’investissement. Le texte porte ce délai à dix ans pour les navires de croisière neufs et à quinze ans pour la construction, la rénovation ou la réhabilitation d’hôtels, de résidences de tourisme et de villages de vacances.

Les trois filtres d’éligibilité

Une opération n’est éligible que si elle franchit trois filtres cumulatifs — ce que votre conseil doit pouvoir vérifier avant signature.

  • Le bien : un investissement productif neuf, immobilisé et réellement exploité. Le matériel d’occasion est hors champ.
  • Le lieu et la taille de l’exploitant : l’activité est exercée outre-mer et, dans un département d’outre-mer, l’entreprise doit avoir réalisé au dernier exercice clos un chiffre d’affaires inférieur à 20 millions d’euros — seuil abaissé par paliers selon la date d’ouverture des exercices.
  • Le secteur : la loi exclut expressément une liste d’activités, parmi lesquelles le commerce, la restauration, le conseil et l’expertise, la santé et l’éducation, la banque, la finance et l’assurance, l’immobilier, les services aux entreprises, les loisirs et la culture.

De plein droit ou sous agrément : la ligne de partage

Tous les dossiers ne passent pas par la même porte. Le texte impose un agrément préalable du ministre chargé du budget au-delà de certains montants : 1 000 000 € de montant total par programme, seuil ramené à 250 000 € lorsque l’investissement est réalisé par un contribuable qui n’exploite pas lui-même le bien — ce qui est précisément la situation d’un investisseur passif. En dessous, l’opération est dite « de plein droit ».

Un particulier qui souscrit quelques milliers d’euros entre donc dans un programme de plein droit. Ce qui change n’est pas le taux, mais le contrôle : l’éligibilité repose entièrement sur le monteur, et l’administration vérifie a posteriori.

Combien : taux, rétrocession, plafond

La réduction est calculée au taux de 38,25 % du montant hors taxes et hors frais de l’investissement, porté à 45,9 % en Guyane et à Mayotte, et à 53,55 % dans le secteur de la production d’énergie renouvelable. Une fraction de cet avantage est obligatoirement rétrocédée à l’exploitant : 56 % lorsque le montant de l’investissement par programme est inférieur à 300 000 €, 66 % au-delà.

C’est cette rétrocession qui explique le chiffre de 40 909 € souvent cité : le plafonnement global ne retient qu’une fraction de la réduction, et 18 000 € ÷ 0,44 = 40 909 €. Le calcul complet est détaillé dans notre page plafond du Girardin industriel en 2026.

Ce que vous ne récupérez jamais

Ni coupon, ni loyer perçu, ni valeur de revente : la société de portage est dissoute au terme de l’engagement et votre apport ne revient pas. L’écart entre ce que vous versez et la réduction obtenue constitue le gain fiscal net possible — possible, et non acquis : il dépend de l’opération, du moment de la souscription et des frais, et il ne fait l’objet d’aucune garantie. Si l’avantage fiscal est repris, la perte porte sur la totalité de l’apport et sur l’impôt à restituer. C’est ce risque de perte, et non le gain affiché, qui doit commander la décision.

Ce que fait Master Conseil

Master Conseil est un cabinet de gestion de patrimoine installé à Aix-en-Provence depuis 2011, en architecture ouverte et sans lien capitalistique avec les monteurs qu’il sélectionne. Sur le Girardin industriel, nous vérifions l’adéquation de l’opération avec votre situation fiscale réelle, nous instruisons la solidité du monteur et de l’exploitant, et nous exposons les risques avant l’avantage — jamais sur catalogue. Voir notre accompagnement Girardin industriel.

Master Conseil — Conseiller en investissements financiers (CIF) enregistré sous le numéro E002561, membre de l’ANACOFI-CIF, association agréée par l’Autorité des marchés financiers. Intermédiaire immatriculé à l’ORIAS sous le numéro 11 061 742. Stéphane Voss, gérant associé. Cette page est une information générale et ne constitue pas un conseil personnalisé.

Réserver mon bilan — un premier échange pour savoir si le Girardin industriel a du sens dans votre situation, ou si une autre solution répond mieux à votre objectif.

Questions fréquentes

Quand la réduction d’impôt est-elle effectivement obtenue ?
Elle s’impute sur l’impôt dû au titre de l’année de mise en service du bien, c’est-à-dire lors de la déclaration déposée l’année suivante. Le décalage est d’environ un an.

Récupère-t-on son apport au bout de cinq ans ?
Non. L’opération est à fonds perdus : la société de portage est dissoute et l’apport n’est pas restitué. Le seul retour possible est la réduction d’impôt.

Que se passe-t-il si l’exploitant cesse son activité avant cinq ans ?
La réduction d’impôt peut faire l’objet d’une reprise, à la charge de l’investisseur et non de l’exploitant. C’est le risque central du dispositif, et la raison pour laquelle la sélection de l’exploitant et du monteur prime sur tout le reste.

Faut-il un agrément fiscal pour investir ?
Pas en dessous des seuils : l’agrément est requis au-delà de 1 000 000 € par programme, et de 250 000 € pour un contribuable qui n’exploite pas le bien.

Le dispositif existe-t-il toujours en 2026 ?
Oui. L’article 199 undecies B s’applique aux investissements mis en service jusqu’au 31 décembre 2029.

Sources

  • Code général des impôts, article 199 undecies B — Légifrance, version en vigueur au 01/01/2026 (consulté le 14/09/2026).
  • Code général des impôts, article 200-0 A — Légifrance, version en vigueur au 21/02/2026 (consulté le 14/09/2026).
  • BOFiP, BOI-BIC-RICI-20-10, « Réduction d’impôt pour investissements réalisés en outre-mer », publié le 03/07/2024 — bofip.impots.gouv.fr (consulté le 14/09/2026).
  • Déclaration n° 2042 et ses annexes, dont la 2042 IOM — impots.gouv.fr (consulté le 14/09/2026).

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